Chers amis aéronautes,

Plusieurs d'entre vous m'ont interrogé sur le déroulement de l'assemblée générale de la FFAérostation, tenue samedi 5 mars. Comme certains m'avaient confié leurs pouvoirs et je leur devais bien ce compte-rendu.

Cette page ne reflète que mes idées personnelles. Si mes propos choquent l'un d'entre vous, qu'il n'hésite pas à m'en parler.

Assez peu de personnes furent présentes à l'assemblée générale, cause en partie due à la météo dégradée qui sévissait sur la France et bloquait les voies d'accès. A 9h30, nous n'étions qu'une dizaine et environ 60 vers 10h30, heure à laquelle a commencé l'Assemblée Générale.

L'impression que je retire de cette assemblée fut une sorte de fouillis général : le rapport moral commence sans support écran (vidéoprojecteur), et les sessions de vote commencent avant même que les rapports des commissions ne soient présentés. Les listes électorales n'étaient pas prêtes, et les listes de pouvoirs par association non plus. Ce qui est surprenant vu que les listes électorales sont arrêtées 15 jours avant les assemblées (cf. règlement intérieur).

Les individuels ont donc pu voter, puis les associations, sur le coup de midi trente.

Les compte rendu présenté à la maigre assemblée fut parcellaire. Nous avons été déçu de ne pas avoir de compte-rendu de la commission gaz (avec pourtant un budget Gordon de 33000 euros en 2004), ni de la commission records, ou encore du comité médical (ce qui est étonnant vu la part qui est donnée à la surveillance dans notre règlement fédéral). Je n'en ai pas entendu non plus de la commission communication, ce qui est paradoxal... S'agissant d'une assemblée générale de fin de mandat, ces absences en sont d'autant plus remarquables.

Il n'y avait que 24 candidats pour 20 places. Je me souviens qu'il y avait eu 29 candidats en 2001 et 31 (ou 33?) en 1997. Il y a une décroissance importante du nombre de candidats. Pour peu nous aurions été moins de 20. Pensez-vous que cela aurait été possible ? En fait, cela a failli arriver. D'après des sources autorisées (j'aime bien cette expression), si Michel Gouinguené n'avait pas réuni une liste de 20 personnes en sollicitant des gens pour qu'ils se présentent, il paraît que seulement 16 personnes se seraient présentées. J'espère que les personnes sollicitées trouveront le temps et l'énergie de travailler au développement de notre activité.

C'est un constat très grave pour la bonne santé de notre Fédération.

Au cours de son allocution, Jacques Maurice est revenu sur le fait que toutes les informations se trouvaient dans l'aéronaute, et il exprimait sa lassitude d'être fréquemment contacté par téléphone pour des informations qui figuraient dans l'aéronaute. Il estimait au passage que seuls 30% des abonnés lisaient l'aéronaute et qu'il fallait lire plus l'aéronaute pour avoir les informations.

Cette remarque provoque cependant une question : pourquoi les adhérents ne lisent pas l'aéronaute ? Pourquoi le trouvent-ils inintéressant ? Il y a là une remise en cause importante.

Quelques jours avant l'AG, j'eus l'occasion de lire l'ambitieux programme de M Gouinguéné. L'intitulé de ce programme est "1000 adhérents pour 2009" (ce programme figure désormais sur le site web fédéral). Or aujourd'hui, je vois mal comment la FFA pourra remplir cet objectif.

Que devrons nous affronter dans un avenir proche ?

* L'élévation du niveau des classes d'espace et la difficulté croissante qu'auront les pilotes à s'intégrer dans l'espace aérien. Ainsi l'arrivée des low cost fait passer pas mal de zones en espace D. Dans quelques années la limite du FL115 pourrait descendre au FL65... Les syndicats des contrôleurs aériens (quand ils ne s'endorment pas dans la tour) met la pression là-dessus aussi.

* En conséquence, l'arrivée de nouveaux matériels, comme le transpondeur mode S, qui semble -pour l'instant- obligatoire à partir du 31 mars 2009, pour ceux qui souhaitent rentrer dans les espaces aériens de classe D ou inférieure. Les transpondeurs anciens modèles (A, C) seront alors interdits de vol...

* La perte d'un certain nombre d'adhérents. En effet, les observateurs de compétition deviendraient désormais inutiles à compter de 2006. Cela représente un nombre important d'adhérents et on peut prévoir qu'ils ne seront plus adhérents à la fédé au lendemain de leur "inutilité".

* Le coût croissant des démarches administratives. Depuis la loi de finance et la décentralisation, il faut que les ministère gagnent de l'argent. Conséquence : les licences vont être payantes, les qualif instructeur aussi, les renouvellements aussi. C'est une info que j'ai eue de la FFPLUM et du RSA, pas de la FFA. Au bas mot une licence ULM coûtera 150 euros.

* L'imbroglio des cylindres et du transport routier. Dernière info en date : selon ce que disait Alain Aubry lors de l'AG, le règlement ADR ne concernerait que le transport professionnel de gaz, et pas le transport domestique. Alors, aurons nous une réponse claire ?

* La baisse des subventions que perçoit notre Fédé.

* L'augmentation incompréhensible du prix des assurances. A ce sujet, il serait souhaitable que le chargé de mission "assurances" de la fédération ne soit pas le fournisseur des assurances fédérales. Ce n'est pas une situation très saine que celle qui a perduré jusqu'à aujourd'hui. Plusieurs fédés aéronautiques ont récemment fait les frais de ce type de politique.

Nous aurons donc à affronter une réglementation et une "complexification" croissante de l'espace aérien, accompagnées d'une charge financière aussi croissante. Croyez vous qu'il sera facile d'augmenter le nombre de pratiquants d'adhérents FFA dans ces conditions ?

Est-ce vraiment important d'être 1000 ? N'est il pas plus important d'être surtout mieux représentés, mieux protégés ?

Pour nous protéger, une solution serait de créer une Fédération Européenne, à l'image de ce qu'ont fait les Fédérations ULM en Europe : 17 pays réunis pour un total de 51000 adhérents. Un véritable poids pour influencer les politiques aéronautiques et l'évolution des règlements européens. J'avais suggéré cette piste à l'AG 2004. Cette remarque semble être restée lettre morte, malheureusement.

En tout cas, il n'y en avait pas trace dans le programme de M Gouinguené. Cela est préoccupant.

D'autant plus que selon le GSAC, les autorités nationales n'ont quasiment plus autorité pour se faire entendre auprès de l'EASA, notre nouvelle aviation civile européenne. En revanche, les interlocuteurs qui seront entendus par les instances européennes sont : les usagers, les fédérations et les professionnels. Il est désormais plus utile d'aller à Cologne (siège de l'EASA) qu'à Issy les Moulineaux (DGAC) ou à Sèvres (GSAC). Gros chantier en prévision, compétence technique et langue anglaise obligatoire, comme vous le devinez. On va rigoler...

 

Bref, revenons à l'AG. Ca s'est déroulé comme il y a quatre ans. Liste (officielle cette fois), absence de vote par correspondance (encore !) et existence de consignes de vote secrètes, qui font qu'on retrouve le schéma habituel :

* des personnes peu connues élues avec un nombre de voix important

* des personnes (re)connues écartées (certains diront que je parle pour moi, mais pas seulement)

* un faible taux de participation (182 voix, dont deux nuls, sur environ 600 voix (?)). La règle disant que s'il y a moins d'un tiers des membres présent, les délibérations ne sont pas valables, ne semble s'appliquer qu'au CD.

A l'issue des élections, une intervention remarquée et remarquable de Rolland Collion, qui s'est ému du faible nombre de voix exprimées et de leur non-représentativité. Rolland a fait remarquer que lors des trois dernières assemblées générales, depuis 12 ans donc, il a demandé à ce que soit mis un procédé de vote par correspondance, qui permettrait à tous les adhérents de s'exprimer, comme c'est le cas pour de très nombreuses Fédérations Aéronautiques. A chaque fois, on lui a répondu que c'était trop tôt, que l'on verrait cela la prochaine fois. Il s'est vu répondre (par Jacques Maurice, président sortant et Frédéric Moizard, responsable de la commission électorale) samedi dernier que cela était lourd, difficile à gérer, que cela nécessitait une nouvelle modification des statuts, etc.

De telles réponses sont impossibles à accepter. Elles

Tout d'abord, les points concernés ne sont que dans le règlement intérieur et sont faciles à modifier, y compris pour organiser des élections à deux tours. Quand bien même il aurait fallu modifier les statuts, le jeu (inciter les adhérents à participer, à prendre position, à s'impliquer plus) en vaut la chandelle et une modification des statuts n'est pas impossible, vu qu'il y en a eu une récemment. De toute façon, le vote par correspondance est déjà prévu dans le règlement intérieur, mais pas mis en œuvre. Allez comprendre pourquoi.

Ensuite, si c'est difficile à organiser, alors il n'y a qu'à demander à d'autres fédérations comment elles font, voir faire un petit stage chez elles. Nous serions une des rares fédération à trouver difficile d'organiser des élections par correspondance. Les autres fédé aéronautiques nous seraient elles intellectuellement supérieures ?

Rolland Collion a aussi sollicité la création d'une commission électorale indépendante du comité directeur. Sera-t-il exaucé ? Rendez vous dans quatre ans.

Il faut voir derrière ces réponses une réalité bien plus prosaïque. D'après des sources autorisées (toujours), ce ne sont que des "manœuvres électorales" qui visent à favoriser l'élection d'un groupe de personnes qui se mettent d'accord, qui viennent avec beaucoup de pouvoirs et qui bricolent dans leur coin pour être réélus, sans que le vulgum pecus, adhérent de base de la FFA, ne soit vraiment partie prenante à ce vote.

Imaginez si cela se passait ainsi pour les élections politiques...

La mascarade de démocratie n'était cependant pas terminée. En effet, Martine Besnainou, en bonne dernière de la liste, est propulsée Secrétaire Générale. Un peu comme si le dernier d'une liste électorale devenait Premier Ministre. Manifestement, ce nouveau Comité Directeur a des raisons que nous ne connaissons pas. Notez que je n'ai rien contre Martine Besnainou, je ne la connais pas personnellement et je n'ai jamais eu l'occasion de travailler avec elle.

Classement élections

182 bulletins, dont 2 nuls. Reste 180 bulletins valablement exprimés.

1

Jacques Maurice

177

 

2

Sylvine Drouault

172

 

3

Eric Decellières

170

 

3

Philippe Lusley

170

 

5

Olivier Roux-Devillas

167

Vice-président

6

Michel Gouinguéné

165

Président

7

François Sardou

159

 

8

Roland de Montgolfier

156

 

9

Nicolas Roulier

154

Secrétaire général adjoint

10

Sébastien Seguineau

153

 

11

Jean-Alain Martin

152

 

12

Michel Bonnet

151

 

12

Valérie Marlart

151

 

12

Alain Aubry

151

 

15

Michel Fauchon

141

Trésorier

16

Thierry Villey

139

 

17

Patrick Legendre

127

 

18

Stéphane Bolze

126

 

19

Daniel Casemode

123

 

20

Martine Besnainou

122

Secrétaire général

21

Jean Donnet

114

 

22

Jean-Pierre Girard

110

 

23

Arnaud Deramecourt

65

 

24

Pascal Martin

62

 

 

Les commentaires allaient bon train à l'issue des élections, que de nombreuses personnes trouvaient inéquitables.

Aurons nous la même situation dans 4 ans ?

Voterons nous encore pour des personnes qui nous promettent de faire baisser le prix des visites GSAC alors qu'aucune négociation sur ce chapitre n'a été entamé avec la direction financière du GSAC ?

La balle est dans votre camp, électeur potentiel de la FFA, usager de l'aérostation sur lequel vont s'abattre des contraintes croissantes.

N'oubliez jamais que si vous êtes mécontents d'une institution, d'une association, d'une fédération, d'une marque, d'un parti politique, vous avez toujours la liberté de ne pas adhérer, de ne pas acheter. N'oubliez pas, la démocratie n'est pas un sport de spectateur.

Sur ces bonnes paroles, Mesdames, Messieurs du Comité Directeur et des différentes commissions, au travail !

Pour ceux qui sont intéressés, le bilan moral de la commission construction amateur (présenté samedi 5 mars) est disponible sur

http://www.ffaerostation.org/docs/pdf/2005_03_05_CR_CAMAT.pdf

Infos ajoutées fin 2005 : quelques mois ont passé depuis les élections. J'avais sollicité le rôle de responsable de la commission construction, commission qui fut créée en 1999 à ma demande et que j'animais énergiquement depuis. Suite à la diffusion du compte-rendu que vous venez de lire, la présidence m'a informé que décidément je n'étais pas assez "consensuel", que je disais trop les vérités et qu'il ne le fallait pas. Bref, je fus jugé indésirable pour être responsable d'une commission. Trop franc, pas assez "langue de bois". Notre président m'a ainsi signifié mon congé, tout en me disant qu'il comptait bien à ce que je continue mes travaux au sein de la commission. Ben voyons.

Ce que j'ai trouvé marrant c'est qu'en lisant ce compte-rendu, l'ancien président a dit qu'il y avait 80% de conneries et 20% de vérité, tandis que le nouveau président a dit qu'il y avait 80% de vérité et 20% de conneries. Pas très consensuels ces gens là...

 

A bientôt et bons vols en toute sécurité,

Arnaud Deramecourt